L’arrosage au goutte-à-goutte dans les champs de maïs français

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L’investissement est lourd, le système nécessite un entretien rigoureux. Malgré cela, certains agriculteurs ont installé des goutteurs dans leurs champs de maïs, vignes ou vergers en manque d’eau. Il s’agit d’irriguer tout en économisant cette dernière, alors que des arrêtés limitent ou interdisent l’arrosage. Moins consommateurs que les canons à eau ou rampes d’arrosage, ils sont également plus discrets et moins provocants, notamment en plein été, car enterrés. Un mode de fonctionnement qui, après avoir émergé en Israël dans les années 1960 pour s’exporter vers l’Afrique et notamment le Kenya, s’est ancré dans le sud-ouest de la France, depuis plusieurs années.

Un système coûteux mais efficace ?
Leur utilisation répond à une question d’épuisement de la ressource, d’autant plus problématique que l’arrivée du maïs à la fin des années 1980 a demandé davantage d’eau. C’est notamment le cas pour les terrains calcaires et la monoculture du maïs irrigué, selon l’agronome Marc Dufumier, qui ont amené les autorités à se pencher sur la question. Se sont alors engagées des tensions entre l’Etat et les agriculteurs dont certains se sont vus contraints d’adopter la technique de l’arrosage au goutte-à-goutte. Des associations de protection de l’environnement ont également pris parti.
Dans les Deux-Sèvres, l’exploitant agricole Joël Hérault en a fais les frais avec une amende de 1000 euros en 2005, pour avoir arrosé malgré l’interdistion du préfet. Une décennie après, il espère que son investissement d’au moins 4000 euros par hectare lui sera bénéfique en améliorant ses rendements. Ce qui a été le cas pour les frères Thuaud, installés en Loire-Atlantique, qui auraient même réussi à économiser 40 % d’eau et 20 % d’azote. L’institut national de la recherche en sciences et technologies parle d’une économie de 15 à 20 %, le spécialiste israélien Netafim avance lui un nombre de 30 %.
En France, seulement 1000 hectares de maïs sir les 1,8 millions de cultivés sont équipés du système de goutte-à-goutte. Des milliers le sont déjà en Amérique et en Italie. Si selon Netafim-France, « le plus gros levier » pour son développement est « politique », des fonds européens pourraient à l’avenir mettre en place des aides à l’investissement pour les exploitants agricoles. Du moins si les tests effectués en Rhône-Alpes dès 2012 s’avèrent concluants, à l’échéance de cinq ans.

 

Article paru sur LADEPECHE.FR
Mai 2014

 

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