La micro-aspersion pour les jeunes pousses

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Relevant: Salade

Chez Stéphane Morféa, les sprinklers laissent progressivement leur place aux micro-asperseurs. Après s’être spécialisé dans les jeunes pousses en 2010, ce maraîcher a décidé de favoriser les micro-asperseurs pour limiter le ruissellement et le tassement du sol.

 

Les sprinklers détrônés par des micro-asperseurs ! En se spécialisant uniquement dans une culture, l’exploitation n’a pas dû revoir que son système d’arrosage : «Lors de notre agrandissement en 2010, nous avons revu toute notre organisation», explique Stéphane Morféa. «Aujourd’hui, pas moins de 25 personnes travaillent toute l’année sur l’exploitation pour s’occuper des 40 ha de jeunes pousses cultivées en plein champ ainsi que des 15 ha produits sous abris.» Jusqu’alors, l’exploitation était équipée de sprinkler classiques. Ils étaient intéressants pour irriguer de grands surfaces. «Cependant, nous n’étions plus satisfaits de son efficacité lorsque nous arrosions nos jeunes pousse. En effet, sur nos sols battants, le sol est très rapidement saturé. Il n’est pas rare de voir le sol couvert d’eau une demi-heure après la mise en route du système. Lorsque c’est le cas avant la germination, les grosses gouttes vont alors déplacer les graines. Des irrégularités de levées sont constatées, ce qui impacte directement le résultat final. L’irrigation par micro-aspersion apparaissait comme la solution idéale.»

Un équipement peu coûteux
Soucieux de rencontrer des utilisateurs avant de se lancer, le maraîcher cherche des installations similaires dans les alentours. Peu développées dans sa région, il ne trouve pas d’équipement comparable : «Pour pallier ce problème, je me suis rendu en Italie en 2009 pour visiter des exploitations équipées de micro-aspersion. De l’autre côté des Alpes, nombreux sont les maraîchers équipés de ce système, détaille l’exploitant. Peu coûteux, il offre l’avantage de créer des fines gouttes, ce qui va éviter les problèmes de tassement du sol. A mon retour en France, j’ai décidé de contacter la société Netafim pour m’équiper progressivement de ce système. Aujourd’hui, 50 % de la surface sont équipés de micro-asperseur Méganet. A l’avenir, j’aimerais équiper la totalité de la surface. J’ai d’ailleurs mis en vente les sprinklers qui me restent en vue de les remplacer par de la micro-aspersion.
Pour accompagner les micro-asperseurs Meganet, la société Netafim propose des tuyaux souples FlatNet en polyéthylène. L’installation et la reprise de ces équipement sont facilitées. «Chez nous, les tuyaux souples FlatNet sont installés toutes les cinq planches. Pour diminuer le temps de main-d’oeuvre consacré à l’irrigation, nous avons pris la décision de laisser les tuyaux en place toute l’année, contrairement à ce qui se fait habituellement avec ce système. Le FlatNet est très léger par rapport à du tuyau PVC standard. La manipulation et la pose sont donc simples. De plus, les tuyaux FlatNet ne se dilatent pas sous l’effet des variations de température. Nous n’avons plus de déboîtement de tuyaux en plein milieu de la parcelle avec ce système. Alors que cela arrive régulièrement sur nos parcelles équipées de sprinklers.»

Des tuyaux en place toute l’année
Conscient du risque d’usure prématurée, l’exploitatant se veut confiant : «Après trois ans d’utilisation, nous avons pu constater qu’il n’y a pas d’usure prématurée malgré le fait qu’on laisse les tuyaux en place toute l’année. Lorsqu’ils sont démontés à chaque fin de campagne, la durée de vie des tuyaux est de dix ans. Cependant, j’ai bon espoir de ne pas renouveler avant. Pour parvenir à cela, j’apprends aux salariés à veiller à ne pas rouler sur les tuyaux avec le tracteur. Le seul souci que nous avons rencontré jusqu’à présent, avec cette mise en place, n’était pas prévisible. En effet, depuis son installation en 2010, trois innondations importantes on eu lieu. La crue a déplacé toute notre installation, tordant et déchirant certains tuyaux . Depuis, nous fixons les FatNet avec des U en fer que nous enfonçons dans le sol.»
Quant au Meganet, c’est un micro-asperseur à double jets. «Il est plus stable que mes prinklers. Il permet un apport d’eau homogène et très progressif du fait de la finesse des gouttes. Cela limite les zones de sur-arrosage, mais également les ruissellements dus au tassement du sol. Il faut désormais attendre six heures pour voir un sol gorgé d’eau, contre une demi-heure auparavant. Nous apportons donc de l’eau utile à notre culture, qui pourra totalement l’exploiter. Même s’il me faut pkus de temps pour apporter la même quantité d’eau, la micro-aspersion nécessite une pression moins élevée. Avec beaucoup moins d’eau nécessaire par ligne, nous pouvons ouvrir plus de lignes en même temps. Désormais, toutes les parcelles équipées de ce système sont irriguées en même temps, ce qui favorise l’homogénéité.»

Des jeunes pousses plus développées
La seule ombre au tableau est la sensibilité au bouchage des micro-asperseurs en l’absence de filtration : «Il faut veiller à la bonne filtration de l’eau. Au mois d’août, lorsque nous avons de forts orages, notre eau est chargée en terre. Nos filtres se colmatent. Nous sommes obligés de les enlever durant cette période. Il n’est alors pas rare de voir des buses d’aspersions se boucher. Il faut donc prévoir une surveillance régulière de la parcelle durant l’irrigation. Mais de par sa conception, la buse se débouche relativement bien.»
Pour conclure, l’exploitant se déclare satisfait de son choix : «Au moment de la récolte, nous constatons une réelle différence entre nos deux systèmes d’irrigation. Avec la micro-aspersion, le jeune pousse est beaucoup plus régulière en termes de hauteur. Nous ne contatons aucune différence entre chaque planche. Les jeunes poousses sont également beaucoup plus développées. Cette somparaison nous conforte dans notre décision d’équiper à terme la totalité de la surface exploitée avec ce système.»

 

Culture légumière
Mai/Juin 2014

 

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