La place du goutte-à-goutte encore a préciser

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Face aux problèmes de restruc d’eau, les nouvelles techniques d’irrigation suscitent l’intérêt. C’est le cas du goutte-à-goutte, notamment dans sa version enterré. En grandes cultures, toutes les potentialités du procédé n’ont pas élé explorées - notamment la fertigation - mais il apparait comme une technique en devenir, sur le maïs en premier lieu.

En grandes cultures, l’utilisation du goutte-à-goutte (de surface ou enterré) est encore anecdotique : selon une étude réalisée par Arvalis-Institut du végétal et le FNPSMS (Fédération nationale de la production de semences de maïs et de sorgho, en condition expérimentale au laboratoire) auprès des différents acteurs en 2012 sur la micro-irrigation en grandes cultures en Frace, près de 500 hectares de maïs et pommes de terre seraient ainsi irrigués. Une paille comparé au million d’hectares de grandes cultures irrigués par aspersion. Mais l’installation de de type d’équipement est croissante depuis 2-3 ans et de nombreux projets sont à l’étude. Avec un coût compris entre 2000 et 5500 euros/ha pour un goutte-à-goutte enterré (4000 euros en moyenne), et entre 1500 et 4000 euros pour un goutte-à-goutte de surface, le retour sur investissement reste la principale interrogation. Qu’il soit de surface ou enterré, le goutte-à-goutte fonctionne à l’aide de gaine, disposées en intervalle régulier (de 0,8 à 1,6 m). Ces gaines sont pourvues de goutteurs tous les 15 à 40 cm, dont le débit est fixe (0,5 à 3 l/h), quelle que soit la pression dans le réseau. Pour le goutte-à-goutte de surface, les gaines sont posées endébut de saison, avec une dérouleuse, puis elles sont reprises en fin de saison soit pour être jetées (gaines jetables) ou utilisées l’année suivante (gaines récupérables). Dans le cas du goutte-à-goutte enterré, les gaines sont placées à une profondeur de 30 à 50 cm, à l’aide d’un matériel semblable à un enfouisseur. Les gaines restent dans le sol pendant toute leur durée de vie (au moins 7-8 ans).

 

NETAFIM - 22 ANS D’EXPERTISE SUR LE GOUTTE-A-GOUTTE ENTERRE

Spécialiste dans le micro-irrigation, l’entreprise Netafim est l’une des premières à promouvoir la technique du goutte-à-goutte enterré en France, mais aussi dans le monde. Pour Loïc Debiolles, responsable développement agricole pour Netafim France, le développement du goutte-à-goutte - enterré surtout - sur cultures céréalières a d’abord démarré aux Etats-Unis : «Il y a une vraie dynamique d’équipement là-bas. En France, le développement commence seulement. Pour l’instant, c’est lorsqu’il y a des restrictions d’eau ou une pression forte sur le prix de l’eau que des projets voient le jour, car le goutte-à-goutte permet d’économiser 20 % d’eau en moyenne.»
«En dessous de 25 ha, le goutte-à-goutte peut être intéressant. Mais outre les économies d’eau et d’engrais et les gains de rendement, il faut également prendre en compte les économies de main-d’oeuvre que le goutte-à-goutte génère.»
Loïs Debiolles rappelle également que le goutte-à-goutte requiert une certaine maîtrise de la technique : «Les essais les plus anciens sur le goutte-à-goutte enterré sont menés depuis 22 ans sur maïs, par l’Université du Kansas (Etats-Unis) avec Netafim. Ces essais montrent que cela fonctionne et nous ont permis d’acquérir de solides connaissances (espacement et profondeur des lignes, des goutteurs, vitesse de purge, optimum de fertigation...). Etablir un projet de goutte-à-goutte n’est pas aussi rapide que choisir un enrouleur. La dynamique hydrique dans le sol (type de sol, topographie, etc) est déterminante. Pour chaque situation, il y aura une configuration de réseau adaptée (type de goutteur, espacement entre gaines...). C’est cette maîtrise qui va rendre une installation efficace ou non.» Netafim a d’ailleurs développé un logiciel de pilotage de l’irrigation en goutte-à-goutte enterré.

 

Article paru dans Cultivar
Mai-Juin 2013

 

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