Le goutte-à-goutte enterré en espaces verts

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Pour optimiser la consommation et la distribution de l’eau, plusieurs solutions s’offrent aux responsables des espaces verts. Parmi les propositions du marché, le goutte-à-goutte enterré, appelé sub-irrigation, est généralement appliqué sur de grandes surfaces. Toutefois, le pôle technique Netafim a mis au point un prototype rendant possible la sub-irrigation des espaces restreints. Retour sur la mise en oeuvre de cette nouvelle application au coeur d’une ancienne plaine sportive à Saint-Médard-en-Jalles.

Saint-Médard-en-Jalles est une commune située dans le département de la Gironde. Traversée par une rivière, la Jalle, la ville profite de cette ressource naturelle pour arroser un ancien terrain d’entraînement aménagé en îlot plantés. Une station de pompage fournit 25 m3 d’eau par heure et alimentait, à l’origine, 25 asperseurs répartis sur tout le terrain, soit sur 8000 m². Pour autant, l’arrosage était loin d’être optimal. «Les asperseurs arrosaient à la fois le gazon, certaint îlots de plantation mais aussi les allées qui sillonnent le jardin ! Il y avait indéniablement un gaspillage» se souvient Frédérique, responsable du service espaces verts de la ville. Sur ce constat, le commune a souhaité scinder cet espace en deux pour accueillir un jardin-découverte en forme de labyrinthe, planté d’essences de collection, et des surfaces engazonnées de qualité. Qui dit gazon de prestige, dit précision de l’arrosage. De plus, éconimiser l’eau est devenu, au cours des dernières décennies, une préoccupation majeure pour la commune. Pour ces raisons, le système du goutte-à-goutte, qu’il soit de surface ou enterré, s’est imposé pour sa précision d’arrosage à l’endroit désiré, son faible débit, sa discrétion et son impact réduit sur l’environnement (consommation réduite en eau de 30 à 70 %, diminution du lessivage...). Selon Robert Banq, manager commercial chez Irrigaronne, adjudicataire du marché d’arrosage en ville, «les jardins sont traversés par de petites allées et une multitude de massifs plantés qui découpent l’espace de manière aléatoire. Cette géométrie complique l’installation et la répartition de nouveaux asperseurs. Le goutte-à-goutte était donc la seule solution». Pourquoi choisir un système enterré ? Car il diminue la présence visuelle des gaines d’arrosage, empêche tout vandalisme, permet de travailler le sol sans avoir à déplacer les tuyaux, et apporte les quantités d’eau nécessaire au plus près de la rhizosphère. Par ailleurs, un prototype mécanisé, développé par Netafim, permet d’installer ces équipements dans tous les types de terrains, y compris dans les jardins aux formes complexes, comme ici à Saint-Médard-en-Jalles.


MISE EN OEUVRE
Plusieurs paramètre doivent être pris en considération pour pérenniser la sub-irrigation. l’installation d’un système enterré nécessite un quadrillage complet du terrain par des tuyaux en polyéthylène. Pour ce chantier, 17000 m de gaine ont été dépliés sur 3000 m² de petits espaces. Les tuyaux sont déposés de manière parallèle entre eux tous les 30 cm, et équipés de goutteurs à membrane anti-colmatage. Selon la texture du sol, l’écartement latéral entre les goutteurs est plus ou moins important. «Le site est caractérisé par un sol sableux, très filtrant, impliquant ainsi une distance minimale de 33 cm entre les goutteurs» assure Robert Bank. Déposés en ligne droite à une profondeur de 12 cm, en rapport avec l’enracinement des graminées, les tuyaux sont raccordés aux canalisations du réseau primaire, lui-même directement relié à la station de pompage. Le système garantit un débit de 1,6 l/h par goutteur (à moins de 4 bars) contre 2 à 3 l/h habituellement. «Cette limitation de débit évite la percolation et permet de déployer de plus grandes lignes de tuyaux» ajoute-t-il. Cependant, pour éviter le phénomène de sédimentation à l’extrémité des lignes, des vannes de purges sont installées et l’eau peut circuler à des pressions supérieures à 4 bars pour chasser les impuretés. «Une filtration supplémentaire d’une finesse de 130 microns, et un  fonctionnement semi-automatique sont largement suffisants pour parfaire l’installation et réduire le risque de bouchage» rappelle le manager commercial d’Irrigaronne.


UN PROTOTYPE D’ENFOUISSEMENT REVOLUTIONNAIRE
Le dépôt des lignes de tuyaux en polyéthylène est une étape primordiale, surtout lorsque le terrain est cisaillé par de petits espaces restreints. Netafim a répondu à cette problématique en proposant un prototype autoporté. «L’engin ne doit ni être trop lourd, ni être trop largeafin d’éviter les tassements du sol sous-jacent et avoir accès aux zones les plus difficiles» affirme Bruno Montagnon, directeur commercial de la société. Ainsi, le prototype ne dépasse pas les 60 cm de large au niveau de son emprise au sol pour un poids moyen de 250 kg. Concrètement, un coutre mobile de forme ovoïde crée un sillon de profondeur réglable fixée à 12 cm dans lequel est déposé une ligne de tuyaux. Pour ce faire, un tube guide les gaines enroulées sur une bobine de 100 m jusqu’au fond du sillon. Ensuite, le coutre recouvre l’ensemble de terre. «Sur le terrain, le prototype peut être assimilé à un simple motoculteur. Ses dimensions réduites lui permettent de se faufiler entre les massifs et de quadriller la totalité des petites surfaces. La mise en oeuvre est très facile...» ajoute Bruno Montagnon. Côté budget, la mise en place de ce système enterré est estimée à 35 €/m². «Si nous avions choisi de nouveaux asperseurs, le coût aurait été plus élevé, même avec une installation en interne. De plus, le casse occasionnée sur les asperseurs engendrait des frais inutiles pour la commune. Avec un système d’irrigation entièrement enterré, nous sommes tranquilles pour longtemps...» conclut Frédéric Baron.

 

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