Parc zoologique de Paris

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En avril, la Parc zoologique de Paris a rouvert ses portes au public après six ans de fermeture pour travaux. La Grande Serre, un dôme de verre gigantesque abritant les biozones de Guyane et de Madagascar, constitue incontestablement l’un des éléments phares du nouveau parc. Nous vous dévoilons ici les étapes de son aménagement paysager, réalisé par l’entreprise francilienne Vertdéco.

Inauguré en 1934, le fameux « zoo de Vincenne » très novateur pour l’époque a progressivement perdu de sa superbe au fil des décennies et nécessitait un profond remaniement pour coller aux nouvelles attentes du public en matière de parcs zoologiques. Pour financer les 167 millions d’euris de travaux, le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), gestionnaire du site, a décidé de conclure un partenariat public-privé (PPP) avec le groupement d’entreprise Chrysalis. Le projet de rénovation consistait à immerger le visiteur dans cinq zones géographiques de la planète (ou biozones) : la Patagonie, le Sahel-Soudan, l’Europe et, enfin, la Guyane et Madagascar, réunis dans la Grande Serre. La conception paysagère de cette serre tropical de 4000 m² a été confiée à Jacqueline Osty (Ajoa) et son aménagement à l’entreprise du paysage Vertdéco. Le chantier comprenait notamment la plantation de plus de 3800 végétaux dont environ 180 sujets d’exception. Un défi de taille pour cette structure de 65 personnes implantée dans le sud de la région parisienne, qui a détaché quatre jardiniers sur place pour mener à bien cette réalisation. Une quinzaine de jeunes de l’école Tecomah, en Bacs professionnels Gestion des milieux naturels et de la faune et Aménagements paysagers, ont aussi eu la chance de suivre ce chantier exceptionnel durant sept jours. La serre a été livrée en novembre 2013.

 

  • Construction de la serre

La serre tropicale a été conçue par Véronique Descharrières (BTuA), en partenariat avec la société vendéenne spécialisée Marchegay. Cette bulle de 100 mètres de long pour 40 mètres de large se compose de 6000 panneaux en double vitrage extraclair de 0,75 x 1,50 mètre. Ils ont été cintrés à froid sur la charpente métallique.

Mais le principal défi des concepteurs était d'arriver à y maintenir une température de 22 à 25 °C été comme hiver, avec une humidité relative de 75 %. L'été, un système de ventilation naturelle permet de réguler l'effet de serre créé par la membrane de verre. Il se compose de deux rangées d'ouvrants positionnées sur toute la longueur de la serre, dont l'ouverture est pilotée par des sondes météorologiques. L'hiver, la chaleur fournie par un chauffage au gaz est répartie dans la serre au moyen d'aérothermes placés en position basse et de déstratificateurs au niveau du faîtage.

 

  • Préparation du terrain

La première étape de l'aménagement paysager a consisté à structurer et préparer le terrain avant l'arrivée des premiers végétaux. " Le principal challenge se situait au niveau du substrat, qui devait être à la fois très drainant, portant et stable dans le temps ", explique Olivier Bedouelle, qui a fait appel à la Florentaise pour définir le mélange idéal. Le fournisseur a choisi un substrat très minéral (60 %), associant du sable, de l'argile expansée et son terreau Urbafibre. La proximité de son site de production de Saint-Escobille (91) était un atout pour répondre aux contraintes d'approvisionnement de ce chantier géant, qui a nécessité 2000 m3 de substrat (l'équivalent de 2000 big-bags).

180 fosses de plantation, d'une profondeur de 1,70 mètre, ont ensuite été réalisées pour accueillir les plus gros sujets.

 

  • Plantation des végétaux

Les végétaux, sélectionnés en Floride par le MNHN, ont d'abord été acclimatés pendant huit mois aux Pays-Bas dans la pépinière Fachjan, avant d'être acheminés par semi-remorques vers Paris. Les sujets de plus de 6 m étaient livrés avec une motte de 1,50 mètre de diamètre. Au total, 20 semi-remorques ont été nécesaires.

Armés de dumpers, d'un chariot télescopique de 18 mètres et d'une pelle de 8 tonnes, les jardiniers doivent se faufiler au milieu des ouvrages, des autres ouvriers et des sujets déjà plantés pour positionner chaque arbre à sa juste place. Une sorte de puzzle géant dont certaines pièces pesaient plus d'une tonne...

Une fois déchargés, les végétaux sont débarrassés de leur film de protection et des liens de contention destinés à protéger les branches.

Le 19 septembre 2013, nous avons assisté à la plantation du dernier sujet de la strate haute arborée, un Triplaris de 8 mètres de haut. Ne restait plus que la mise en terre des plantes de la strate moyenne, puis des plantes basses.

 

  • Mise en place de l'arrosage automatique

L'arrosage automatique est réalisé par goutte-à-goutte enterré (Netafim) : le tuyau, placé entre 5 et 8 cm de profondeur, apporte ainsi l'eau au plus près des racines et limite l'évaporation. Il est couplé à un système de fertigation par Dosatron. 400 têtes de brumisation complètent le dispositif.

 

  • Suivi des plantes en PBI

Vertdéco est responsable du suivi des végétaux plantés pendant un an. Son équipe effectue dons une visite hebdomadaire pour vérifier l'arrosage automatique, enlever les feuilles mortes et tailler les végétaux. Elle assure aussi le suivi sanitaire des plantes, traitées principalement par protection biologique intégrée (PBI). En partenariat avec Koppert, Olivier Boullé, le chef d'exploitation, procède ainsi à des lâchers de coccinelles Cryptodaemus pour lutter sontre la cochenille farineuse et d'Amblyseius californicus, un acarien prédateur d'autres espèces d'acariens.

 

Article paru sur Matériel & Paysage
Mai 2014

 

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