Végétal rime-t-il avec vertical ?

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Il n'existe pas un, mais des murs végétaux. Des systèmes très différents permettent d'installer des plantes sur une structure verticale, en intérieur comme en extérieur. Mais les murs, dans leur ensemble, restent moins nombreux que les toitures végétales en raison de leurs bénéfices environnementaux plutôt moindres, de leur contraintes d'entretien et de leur coûts.

 

Dans le monde des nouvelles formes végétales, on parle beaucoup des toitures et de leurs vertus en matière d'isolation phonique, thermique... Qu'n est-il des murs végétaux ? Premier constat, végétaliser un mur et végétaliser une toiture n'ont rien de similaire, comme le rappelle Brice Rodriguez, du bureau d'études l'Atelier du végétal. D'un point de vue paysager d'une part, le mur végétal sera plus prégnant dans la ville que la toiture. En effet, le mur, lui, est bien visible, même pour le passant. Les perspectives où le végétal apparaîtra dans l'espace urbain seront donc multipliées. Dans tous les cas, la palette végétale est diversifiée, par rapport aux toitures où les sedums sont privilégiés pour leur résistance à la sécheresse. L'intérêt paysager de l'installation d'un mur végétal sur un bâtiment, qu'il soit neuf ou existant, est donc de premier ordre. Il résulte d'un choix en premier lieu esthétique. Au musée du quai Branly, le mur végétal créé par Patrick Blanc est un élément fort du concept architectural et révèle toute sa dimension créative, et même artistique.

 

Un mur sinon rien

La présence d'un mur végétal peut être aussi salué dans un espace urbain très minéral, où le végétal ne peut apparaître sous une forme classique (parc, jardin, massif de plantations en pleine terre). C'est dans cette optique, par exemple, qu'un mur végétal autoporté de 18 m de haut a été récemment créé à Villeurbanne. Les plantes surplombent un axe de circulation fréquenté par des milliers de véhicules par jour, ouvrant une parenthèse de biodiversité inespérée. Si l'intérêt paysager est réel, l'intérêt écologique du mur fait plutôt débat. En premier lieu, rappelons qu'il n'existe pas un , mais des murs végétaux. Il existe des procédés divers pour habiller un mur végétal : la culture peut être hydrophonique ou non, s'intégrer à un support à base de feutre, de géotextile ou structures modulaires accueillant des substrats élaborés ou à base de sphaigne du Chili. La différence de coût illustre cette diversité de produits présents sur le marché : comptez, en général, entre 600 euros et 1500 euros le m², pour des procédés pérennes de culture verticale. Selon le procédé choisi, le mur sera plus ou moins écologique. L'irrigation est toujours nécessaire, mais les besoins en eau varient. Ce système d'irrigation peut prendre différentes formes : circuit fermé, récupération des eaux de ruissellement ou non, etc. L'impact en matière d'isolation phonique et thermique, voire de biodiversité, est positif, mais la ferti-irrigation souvent importante. Dans certains, l'humidité du mur, profitable l'été, sera plutôt contraignante en hiver. Bref, le bilan environnemental de l'équipement reste discutable, au cas par cas.

 

Vers le modulaire

Dans le cas d'un système hydroponique de culture hors-sol, des mottes écrasées seront insérées dans des poches de feutre, elles-mêmes agrafées sur une structure en feutre, où le système racinaire du végétal se développera grâce à l'irrigation. L'apport régulier en eau est couplé à un apport en engrais conséquent. Cet apport enrichi est supérieur au besoin de la plante mise en pleine terre. L'entretien de ce type de système sera plutôt exigeant, avec un contrôle régulier du Ph, des maladies, du système d'irrigation... De plus, le feutre protège peu les végétaux du froid hivernal. Du coup, bon nombre de villes optent pour des murs offrant peut-être un rendu moins spectaculaire, mais permettant de limiter l'entretien pour un coût souvent moindre. Les systèmes qui ont le vent en poupe visent à faire pousser les végétaix sur des tructures modulaires pré-cultivées, sortes de caissons ou gabions, par exemple, qui seront empilés les uns aux autres. Ces supports souvent complétés d'un substrat seront fixés sur une structure en acier galvanisé ou aluminium, en général. L'irrigation est nécessaire, comme pour tous les murs, mais le choix peut se porter vers des plantes de rocailles ou des sedums, moins exigeantes. En moyenne, le résistance du mur doit être de 150 kg/m² pour accueillir ces systèmes modulaires. En matière d'innovation, la tendance est à l'amélioration des procédés existants pour proposer des structures de moins en moins épaisses.

 

Irrigation adaptéé à la verticalité

Le choix du système d'irrigation est essentiel pour le devenir du mur végétal. Le système devra s'adapter aux contraintes de la verticalité. Netafim, fabricant de systèmes d'irrigation, a conçu l'Unitechline AS 1.6 l/h, un système de goutte-à-goutte adapté aux murs végétaux, comprenant des goutteurs tous les 0.15 m, pour éviter la gravitation. Techniquement, il s'agit d'un procédé autorégulant (pouvant être enterré) bas débit (1.6 l/h), pour des arrosages plus longs, donc plus efficaces. Ce produit breveté a été co-développé avec les concepteurs de murs.

 

Source de l'article : Magasine "Horticulture & Paysage" N°127 - 128

 

 

 

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